Les nouvelles acquisitions
en 2007
Le Roi Dagobert, tête tournée et modelée en céramique,
grès du Cotentin (Néhou, Manche), deuxième moitié du XIXe s.
Le portrait - identifié à la base par une inscription manuscrite, tracée à la pointe : « Le roi Dagobert » - est peut être inspiré d'une reproduction de la statue disparue du cloître de Saint-Denis (XIIIe s.). Le bon roi Dagobert (609-638) doit en effet sa popularité à la protection qu'il accorda à l'abbaye royale fondée en 490, qui en retour en fit un héros fondateur de la monarchie française.
Une tradition folklorique est attestée dès le XIIe s. : le moine normand Orderic Vital parle de Dagobert comme d'un roi « dont l'histoire est bien connue des Français…» (opposés dans cette citation aux Normands). Mais les Normands le connaissaient bien aussi. Dagobert est associé aux récits des vies des plus grands saints de Normandie dont il fut le protecteur : saint Ouen, et saint Wandrille notamment, patrons des grandes abbayes de la Seine.
Mais ce sont les éditions populaires, les images d'Epinal, et une chanson surtout, avec plusieurs variantes satiriques, qui assurent la popularité de Dagobert. Cette popularité conduit Dagobert tout droit dans les illustrations des manuels scolaires. C'est là certainement qu'il faut chercher la source d'inspiration du potier anonyme qui a pu vouloir créer ici, soit un « chef d'œuvre » de son savoir-faire, soit un élément éventuellement destiné à un lieu de culte. Les potiers du Cotentin ont en effet produit aussi de nombreuses statues de saints.
suite des acquisitions 2007

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